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Les édifices religieux de Caussou et Bestiac
Inutile de demander le chemin de la « belle grotte de Caussou » mentionnée dans plusieurs livres et guides touristiques, qualifiée de « remarquable » par le Dictionnaire des communes  de  la  France »  paru  en 1864  aux Editions Hachette, et même décrite  par Adrien Garrigou au début du XX è siècle ! Personne ne pourra vous l’indiquer car, aussi surprenant que cela puisse paraître, on en a bel et bien perdu la trace et le souvenir…si tant est qu’elle ait jamais existé. Hormis les modestes cavités de Magaruilh, Las Rives, du Barrenc et de Bestiac, et malgré les recherches effectuées dans les années 1980 par des membres du Spéléo-club du Haut Sabarthès, aucune grotte significative n’est (…pour l’instant !) connue dans les environs immédiats de nos villages. Une « grotte des Caoujous » existe bien, elle, entre Montségur et Bélesta, proche de la fontaine intermittente de Fontestorbes, et certains en ont déduit que la similitude des noms avait pu créer une confusion.
Un document retrouvé dans l’église actuelle nous apprend que, les travaux ayant pu être terminés à temps, la messe de Noël fut dite, le 24 décembre 1830 dans la nouvelle église par le curé Dominique Durand. Cette nouvelle église fut bâtie tout autour des murs de l’ancien édifice qui servirent de support aux échafaudages. On retrouve dans la construction actuelle des matériaux de l’ancienne église, du tuf principalement.
Une pierre portant la date de 1746, et provenant donc de l’ancien bâtiment,  fut également replacée au bas d’un pilier de la façade nord.
De même, deux visages d’anges en pierre  sculptée, aujourd’hui sertis dans le ciment des piliers de l’entrée, furent aussi récupérés dans l’ancien édifice. Certains ont cru y voir, à tort sans doute, les traits d’un seigneur de Lordat. A leur sujet, le Père Duclos écrivait dans son
livre Histoire des Ariégeois  : « On peut croire qu’elles appartenaient à un ancien temple ». Le mystère de ces anges demeure donc entier…
Le porche de l’entrée était autrefois pavé de petits galets gris avec, en galets blancs, l’inscription « Pavete ad santrurium meum ». Depuis, ce pavage a, hélas, été recouvert de ciment. De même, l’intérieur de l’église était entièrement peint de motifs divers : coupe de pierre sur les murs, fleurs et arabesques sur les arcs. Dans un souci d‘économie et suite aux ravages de l’humidité, ces peintures furent recouvertes d’une peinture unie et les murs revêtus de panneaux de bois aggloméré. Seules demeurent les peintures du chœur au dessus desquelles trône la statue de Saint Jean-Baptiste, offerte au début du XX è siècle par Jean-Baptiste Durand, venu de Tignac pour s’installer à Caussou.
Le clocher abritait autrefois quatre cloches. Deux d’entre elles furent enlevées et fondues pendant la Révolution. Sur la plus grosse des deux  survivantes,  on  peut  lire   l’inscription suivante : « + J.H.S M.A. Sancte Joannes baptista ora pro nobis - 1624 F.P. M.R.E », et sur l’autre : « + J.H.S. M.A. X.PS vincit X PS regnat X PS imperat PS X ab omni malo - Sancte Joannes Baptista ora pro nobis tempestate nos defendat- 1637 ».
Chacune des deux cloches actuelles possède deux battants, en souvenir de leurs sœurs emportées par la tourmente révolutionnaire. L’une fut payée par les habitants de Caussou et l’autre par ceux de Bestiac. Il y a une vingtaine d’années, une girouette représentant Saint Jean-Baptiste et son mouton ornait encore la flèche du clocher. Elle disparut lors de la réfection du toit.
L’église

Dédiée à Saint Jean-Baptiste, l’église de Caussou est également celle de Bestiac. Elle mérite que l’on s’y attarde quelques instants. Dû à l’initiative de l’Abbé Mourié, l’édifice actuel fut construit en 1830 sur l’emplacement d’une église plus ancienne, plus modeste, dont il a conservé le beau clocher roman datant de 1691 et remanié en 1746.
Avant 1691, une église encore plus ancienne était, semble-t-il, située plus bas, près du ruisseau et du cimetière. Elle aurait été emportée par une crue du ruisseau. Des objets religieux ont été retrouvés à cet endroit où la légende dit que rien ne pousse. Deux dates sont d’ailleurs gravées sur la plus grosse des cloches de l’église : 1624 et 1637, année qui fut marquée par la visite de l’évêque à Caussou. Une pierre de l’église de 1691, portant cette date, a été replacée au dessus de la porte cintrée de l’ancien presbytère. Il se peut que la même crue ait aussi emporté le moulin situé en dessous du cimetière et dont on peut encore voir quelques vestiges dans un pré.
Nos cloches furent parmi les dernières à être sonnées à la main. Leur ultime sonneur fut Justin Pont, qui s’acquitta de sa tâche jusqu’à l’électrification du clocher en 1996. Il disparut un an plus tard. Et comme on n’arrête pas le progrès, les cloches sont même, depuis 2005, reliées à un satellite qui garantit leur sonnerie à l’heure exacte !
On ignore à quand remonte la construction de la toute première église de Caussou. Une notice sur « l’église  et la paroisse d’Unac », écrite en 1897 par Albert Gardes, curé de Luzenac, nous apprend que la Confrérie du Rosaire existait à Caussou en 1617 et que son directeur était un certain Florence, recteur d’Unac. On peut aussi y lire que le vendredi 25 mai 1696 après-midi, l’évêque se rendit en
visite à Caussou. On sait que par une charte de 1074, le comte Roger II de Foix, dit Roger le Pieux, qui alla  guerroyer en Palestine  pendant la  première  croisade et   construisit   ensuite l’église  d’Unac,  fit donation, avec son épouse Sicarde, du château de Lordat et du Lordadais
à l’Abbaye de Cluny. Le village de Caussou, tout comme celui de Bestiac,  est cité dans cette charte mais aucune allusion n’est faite à l’église, ce qui tendrait à prouver qu’il n’en existait pas encore. En effet, lorsqu’un village et son église étaient donnés, cela était expressément écrit dans la charte (par exemple : « villam Garanum cum ecclesia sua »).





Le Chœur de l’église au début du XX è siècle. La statue de St Jean-Baptiste n’était pas encore là.
Le clocher de l’église derrière "Le Christ"
L'église vue de la rue d'Andarrios
L'église vue de la route principale
                                                                                                     
Justin Pont, dernier carillonneur de Caussou en 1996
Pour Caussou, seule figure la mention « villam de Cauzun ». Or la charte précise par ailleurs que sont données toutes les églises du Lordadais à l’exception de celles de Vèbre et Unac. Cette dernière sera toutefois donnée à Cluny en 1076.
Nous savons aussi que Béatris de Planissoles se rendait à la messe à Unac, ce qui semblerait confirmer l’absence d’église à Caussou.
Pourtant, dans son livre « Monographies villageoises en Sabarthès », Florence Guillot avance l’hypothèse selon laquelle l’église de Caussou aurait été antérieure à celle d’ Unac  et  aurait  pu  être  l’ancienne  église paroissiale  de  cette  vallée,  avant   même  la construction   de  celle d’ Unac.  Ensuite,  dès la fin  du  XI  è  siècle  et  jusqu’ à   la   fin  du Moyen-Age, Caussou  aurait  appartenu  à  laparoisse  d’Unac. De  même,  les  inscriptions relevées sur les cloches de l’église portent des chiffres qui correspondent vraisemblablement aux années au cours desquelles elles furent installées : 1624 pour l’une et 1637 pour l’autre. Or, ces inscriptions font bien référence à Saint Jean-Baptiste, le Saint patron de la paroisse de Caussou et Bestiac. Alors, y avait-il donc bien une église à Caussou en 1624 et peut-être même avant ? Il se peut que nous ne le sachions jamais…
Les Clunisiens ne conservèrent ces donations que quelques années. Le 22 avril 1095, au moment de partir pour la croisade, le comte Roger II de Foix s’engagea à ne vendre ni aliéner à personne, excepté à la vicomtesse Emengarde de Béziers et à son fils Bernard-Aton, aucun des domaines qu’il possédait dans le comté et notamment dans le Lordadais. Il semble donc que Roger II avait bien repris son fief du Lordadais.
En 1212, c’est Pierre, roi d’Aragon, qui se voit offrir par Raimond-Roger, comte de Foix, les possessions du Lordadais et cela parce que ce roi d’Aragon s’était porté caution des comtes de Foix lors du concile de Lavaur.
En 1566 et 1567, les guerres de religion atteignent Caussou comme tous les villages voisins. Les Huguenots, qui détruisent les églises,sont
pourchassés et mis à mort. Ces troubles vont se poursuivre pendant la fin du XVI è et le XVII è siècles. Cette période dut être pénible pour les habitants de nos villages qui eurent à faire face non seulement à ces règlements de comptes religieux mais également aux incursions des Espagnols et aux exactions des brigands du col de Marmare. Ces routiers se recrutaient dans les villages environnants. La punition, pour ceux qui se faisaient prendre, était généralement la galère ou la mort.
L’Abbé Sarda, dernier curé de Caussou, lors de l’inauguration de la chapelle de Trimouns
(photo Joseph Rougé/René Pons)
La chapelle de Caussou

Située au quartier dit « de L’houm », au cœur du village, c’était, il y a quelques années encore, l’une des dernières constructions en matériaux traditionnels du pays : pierre crépie d’un mélange de sable extrait de la montagne de Caussou et de chaux , donnant ce ton ocre-jaune clair inimitable, et toit d’ardoise.
L’architecture est agréable à l’œil. Le petit clocheton en tuf et le lavoir municipal flanquant la chapelle sur le côté gauche complètent joliment l’ensemble. On remarquera aussi la pierre de seuil constituée d’une meule de moulin.
Dédiée à Saint Roch, une première chapelle fut édifiée à la suite d’une terrible épidémie de peste qui, dans les années 1720, anéantit toute la population qui résidait sur la rive gauche du ruisseau de Fabre. Cette épidémie ayant été arrêtée au ruisseau, la chapelle fut construite sur la berge de la partie du village épargnée par la maladie. On raconte qu’à l’occasion de cette épidémie de peste, les habitants du quartier sauf, armés de gourdins, chassaient les chiens et chats qui tentaient de traverser le ruisseau, afin d’éviter la contamination.
Porche et entrée de l'église sur la place Saint Jean-Baptiste
Intérieur de la chapelle
Porte principale de l'église
La chapelle de Caussou, place Saint Roch
Le monument aux morts
Monument aux morts sur la place St Roch commun avec la commune de Bestiac, inauguré en juillet 2004 : constitué d’une roche de talc de Luzenac, sculpté par Claude Jacquot Vaneukem
Le mystère de la grotte de Caussou
Mais ce serait abandonner bien vite l’espoir d’élucider le mystère de la grotte de Caussou et faire bien peu de cas des travaux dignes de foi et de la réputation du Docteur Garrigou. En effet, d’après son témoignage, la « grotte de Caussou et Savenac », ou du moins sa partie explorée, serait longue de deux cents mètres environ et renfermerait quelques fossiles intéressants. Voilà de quoi nous faire rêver et exciter la curiosité des touristes !
(extrait de Caussou, Bestiac et le massif du St Barthélémy, Ed. lacour, 2006)
Par suite de la construction de la route départementale reliant Saint-Girons à Quillan, la chapelle, qui se trouvait sur le tracé de la route, dut être démolie en 1868. Les Ponts et chaussées s’étaient alors engagés à la reconstruire mais ils ne purent tenir parole.

C’est le conseil municipal de Caussou qui, en 1871, décida la reconstruction de la chapelle. Réédifiée la même année, elle coûta à la commune la somme de 500 francs (de l’époque).

En 1994, à l’initiative du maire, Paul Rougé, et avec l’aide du Conseil général de l’Ariège, la chapelle a pu être restaurée à la grande satisfaction des habitants…et de Saint-Roch !
La grotte de Las Rives, proche du chemin de Fount Morte